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Gare routière de la porte de Bagnolet (Paris XXe), hier. La compagnie Isilignes a anticipé la loi Macron et a déjà transporté 34 000 personnes. (LP/Lucie Martinez.)

Source: Le Parisien: « PARIS-LILLE en autocar, c’est notre première fois. D’habitude, on prend le TGV mais, ce mois-ci, nous allons faire quatre fois le trajet… Ce serait trop cher en train. La semaine dernière, nous avons dû payer 100 € pour trois billets afin d’emmener notre fils chez ses grands-parents. »

La libéralisation du transport interrégional en autocars, volet emblématique de la loi Macron promulguée hier, va encore renforcer l’attrait de ce mode de transport. En tout cas, les compagnies d’autocars comptent là-dessus !

« Jusqu’alors, les autocaristes ne pouvaient desservir les arrêts français que s’ils faisaient partie d’une liaision internationale », précise Yann Raoul, président du site Kelbillet, un comparateur de prix.

La demande existe

Les « 2 000 à 3 000 emplois directs » que le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, espère dans les « dix-huit mois à venir » se concrétiseront-ils ? Dans un secteur où l’offre est encore restreinte et la demande des voyageurs en forte croissance, l’activité risque fort d’exploser. Selon les experts, entre 50 et 100 nouvelles lignes d’autocar pourraient être lancées. Petit bémol, pour les trajets de moins de 100 km, il faudra attendre la fin de l’année et le feu vert de la nouvelle Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer). Celle-ci devra vérifier que l’ouverture d’une nouvelle desserte entre deux villes proches ne mettra pas en péril l’existence d’une liaison de transport organisé par les collectivités (TER, bus conventionnés, etc.)

ID Bus, Isilines, Megabus, nombreuses sont les compagnies prêtes à développer des lignes franco-françaises. Certaines ont même anticipé la loi en lançant des trajets intra-hexagonaux ces derniers mois. « On pensait vraiment que la loi Macron serait promulguée plus tôt. Nos nouveaux chauffeurs étaient formés, alors on a lancé mi-juillet 17 lignes desservant 50 villes avec le statut de charters en ligne occasionnelle », explique une porte-parole d’Isilines, filiale française d’Eurolines. Et ça marche : 34 000 personnes ont voyagé. A la gare routière de la porte de Bagnolet, à Paris, Karim Adam en est à son quinzième voyage, il se dit satisfait. « Wi-fi, prises électriques, sièges inclinables, l’autocar, c’est économique et confortable. »

« On est là pour créer une culture de l’autocar inexistante en France. Au Royaume-Uni, au Canada, aux Etats-Unis, des millions de personnes voyagent en autocar », indique la compagnie écossaise Megabus. Quant aux Français, aimeront-ils vraiment le car ?