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Au tour de l’Île-de-France. De plus en plus de régions adoptent la "clause Molière". Une mesure consistant à imposer la langue française sur les chantiers publics pour lutter contre les travailleurs détachés. Est-elle légale ? Pourquoi crée-t-elle la polémique ? Explications. 

La clause Molière, c’est quoi ?

 Les pourfendeurs de la clause Molière ne s’en cachent pas : le but de la mesure est de lutter contre les travailleurs détachés. Comment ? En rendant obligatoire l’usage de la langue française sur les chantiers pour des "raisons de sécurité". Le cas échéant, un interprète assermenté par le tribunal doit être embauché. Des frais dissuasifs limitent ainsi le recours aux travailleurs détachés.

Ce dispositif, limité aux marchés publics, a été adopté par plusieurs collectivités, dont les Hauts-de-France, les Pays de la Loire, la Charente et récemment l’Île-de-France. Les défenseurs de cette mesure estiment que les travailleurs détachés imposent une concurrence déloyale aux salariés français.

De Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon en passant par François Fillon et Benoit Hamon, tous se sont déclarés favorables à une réforme de cette directive. Certains craignent que la "clause Molière" ne vienne freiner les négociations. 

 

Cette clause peut-elle être appliquée ? 

C’est le doute émis par le groupe Front national en Île-de-France. Bien que le parti soit favorable à cette clause, faisant la part belle à la préférence nationale chère à Marine Le Pen, il s’interroge : "Comment voulez-vous contrôler cette exigence ?"

"C’est complètement faisable, estime le président de la Fédération française du bâtiment, Jacques Chanut, interrogé par le Parisien. Il suffit de tester les rudiments du français lors de l’embauche."