Bienvenue

C’EST DÉCIDÉMENT tendance. Après François Hollande, Manuel Valls cède à son tour à la mode du mea culpa.

Hier, le Premier ministre a regretté les hausses d’impôt mises en œuvre au début du quinquennat. « Il y a eu une augmentation de la fiscalité au cours de ces dernières années qui a créé, je crois, une forme de rupture entre les Français et l’impôt », dit-il dans « le Monde ». Manuel Valls va jusqu’à évoquer un « choc fiscal extrêmement pénalisant pour les personnes âgées qui ne payaient pas l’impôt sur le revenu et qui sont rentrées dans l’impôt ». Et l’hôte de Matignon lâche que, « non, bien évidemment », il ne referait pas les choses de la même manière. Il est vrai qu’à l’époque c’est Jean-Marc Ayrault qui était Premier ministre.

 

Trois jours après le vote de la première partie du budget et ses 2 Mds€ de baisse d’impôt sur le revenu, le message est très clair. Il n’est pas entièrement neuf puisqu’en mars, après la défaite du PS aux départementales, Valls avait déjà qualifié d’erreur la hausse de la fiscalité. Cependant, cette fois, il va plus loin et s’inscrit dans la lignée du président de la République. Dans un livre de Françoise Fressoz (« Le stage est fini », chez Albin Michel), Hollande avait regretté de ne pas avoir appliqué la TVA sociale, une mesure décidée par Nicolas Sarkozy…

« Le mea culpa des politiques, c’est nouveau, analyse le sondeur Gaël Sliman, président d’Odoxa. Avant, ils étaient dans le déni, mais ils ont compris que c’était insupportable pour les Français. Reconnaître ses erreurs, c’est le meilleur moyen d’être crédible quand on veut demander aux électeurs de vous refaire confiance. Hollande était allé trop loin, mais là Valls a le bon dosage. »

Une question reste en suspens : pourquoi se livrer à cet exercice de contrition maintenant ? Sans doute pour mobiliser l’électorat de gauche à un mois et demi des régionales. Une stratégie p a s v r a i m e n t convaincante selon Gaël Sliman : « Il aurait sans doute été plus judicieux de le faire après l’élection et le revers annoncé de la gauche. »

Le Parisien - Valérie Hacot