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Source: Le Parisien

Cette année l’Etat demande 6 393 € de taxe foncière, au lieu de 33 € habituellement ! » Michèle Adam et ses proches n’en reviennent toujours pas, après avoir découvert il y a quelques jours l’avis d’imposition du terrain familial dont ils s’occupent. Une parcelle de 1 300 m 2 appartenant à la belle-mère de Michèle, actuellement en maison de retraite. Le jardin, anciennement cultivé, est dans la famille depuis des générations.

« Ma belle-mère étant mensualisée, cela veut dire qu’on va lui prélever plus de deux fois 3 000 € sur les deux derniers mois de l’année ! » réagit Michèle, estomaquée. « 6 000 € cela représente deux mois de maison de retraite. Et dans deux ans, d’après la loi, ce sera pire, le montant pourrait s’élever à 13 000 €. »

La situation inquiète le maire de Saint-Leu-la-Forêt. « J’ai déjà été alerté trois fois par des habitants », explique l’élu, Sébastien Meurant (LR). Un autre résident de Saint-Leu-la-Forêt se retrouve avec une ardoise salée pour un terrain qu’il utilise dans le cadre d’un système de géothermie. Il doit désormais s’acquitter de 3 365 €, alors que son système de pompe à chaleur géothermique (qui sert à chauffer son pavillon) a bénéficié de subventions.

Une troisième habitante a fait remonter sa colère à la mairie. Elle doit régler 2 400 € pour un terrain « qui correspond à l’allée qui lui permet d’accéder à sa propriété et qu’elle partage avec sa voisine », explique l’élu. Sébastien Meurant s’attend au pire dans les semaines qui viennent. « Ce n’est qu’un début », estime-t-il. « Cela doit concerner des dizaines ou peut-être même des centaines d’habitants de ma commune. Des gens qui ne payaient quasi rien avant… C’est de la folie fiscale. » L’élu n’apprécie guère de recevoir les plaintes de ses administrés : « La commune n’y peut rien. Moi je me bats depuis sept ans pour ne pas augmenter les impôts locaux et là on va me dire que je ne tiens pas parole. Je vais interpeller le ministère, il y a des gens qui ne pourront pas payer. »

Marie Persidat