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 Depuis ce jeudi et jusqu’à samedi, la boutique de fleurs du quartier des Diablots, Nelly Fleurs, est en liquidation totale à Saint-Leu-la-Forêt (Val-d'Oise). Ouverte le 1er avril 1986, voilà huit mois que ses rideaux de fer sont baissés. Nelly, la mère de Gilles Leclerc, ce fleuriste de 32 ans tombé sous les balles des terroristes du Bataclan le 13 novembre 2015, n’a plus la force d’exercer sa passion. Sans ressource financière depuis plusieurs mois, elle a dû se résoudre à vendre son fonds de commerce et les murs. 

 

Sa fille Alexandra, fleuriste à La Trinité-sur-Mer (Morbihan), est venue l’aider dans cette nouvelle épreuve. Une photo de son frère, une bougie et une orchidée vanda trônent près du comptoir. «C’était une de ses fleurs préférées, raconte-t-elle. Il est encore là. La liquidation ne pouvait pas se faire sans lui. Quand j’ai ouvert la porte du magasin, j’ai eu une boule. Il y a tellement de souvenirs ici. Avec mon frère, on a grandi dans la boutique. C’est là qu’on a découvert notre passion. C’est presque un membre de la famille. La vendre, c’est comme un deuxième deuil.»

Pour ce premier jour de liquidation, amis et clients fidèles ont répondu présents. «On pense à vous tous les jours», lance ainsi une paroissienne. Michel et Françoise, qui «connaissent Nelly depuis l’ouverture du magasin», sont venus «par amitié». «On n’avait pas forcément besoin d’un tonneau… C’est ici qu’on avait commandé les fleurs pour le mariage de notre fille. On aimait beaucoup Gilles. On l’a vu gambader tout petit dans le magasin. Il faisait des supers compositions.»

Les hommages sont unanimes. «C’était une figure du quartier. Toujours souriant, toujours aimable…», salue Aline, une habitante des Diablots pour qui il était «important de soutenir la famille». «Les gens le voient comme nous sa famille, ça réconforte, apprécie Alexandra. Ils ne viennent pas forcément par nécessité. On voit des anciens clients. On prend le temps de discuter.»

D’autres, comme Marie-Jo, ne savaient rien du contexte en arrivant. «Je vais ouvrir une fleuristerie à Gif-sur-Yvette (Essonne), raconte cette jeune femme qui a acheté pour 250 € de marchandises. Quand j’ai appris la raison de la liquidation, je me suis sentie mal à l’aise.» «Il n’y a pas grand-chose à dire, ajoute Séverine, la pharmacienne, les yeux rougis. Ça fait 20 ans que je suis ici. C’est triste…»

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