Bienvenue

« Le premier flic de France », malgré une idée reçue et largement médiatisée, n’est pas le ministre de l’Intérieur mais bien le maire. Doté de la qualité d’officier de police judiciaire par le Code d’instruction criminelle, le maire a conservé cette attribution au fil des siècles. Par ailleurs, pourvu des pouvoirs de police administrative dans les domaines de la sécurité, de la tranquillité et de la sécurité publiques, le premier magistrat de nos villes et de nos villages se pose en arbitre naturel des politiques de sécurité.

 

Avec le temps, et la politisation du débat public, ce rôle primordial du maire dans la vie de la cité n’a pas manqué de provoquer, avec le pouvoir central, des heurts parfois violents. Il suffit de prendre pour exemple le combat que mène Robert Ménard pour sa ville de Béziers avec la création de sa garde biterroise pour comprendre que le sujet est loin d’être simple.

Parmi les conséquences de l’attentat de Nice, le positionnement du maire dans la lutte contre toutes les formes de violence apparaît clairement. C’est bien lui, élu par ses concitoyens, qui est en première ligne. C’est lui qui doit rendre des comptes à celles et ceux qui, sur la base d’un engagement de proximité, lui ont fait confiance. C’est encore à lui de pallier les erreurs et les manquements d’un État qui, il faut le reconnaître, n’a jamais été aussi défaillant dans une mission qui lui revient pourtant au premier chef.

Ainsi, de nombreux maires sont contraints, aujourd’hui, de reconsidérer le déroulement de certaines manifestations. Avec les moyens, souvent limités, dont ils disposent, en complément de ceux engagés par la police ou la gendarmerie nationales, ils vont devoir maintenir, annuler ou reformater la tenue d’événements culturels, sportifs, associatifs ou autres. C’est leur responsabilité et leur devoir, ils doivent l’assumer.

La contrepartie passera nécessairement par une redéfinition des rôles de chacun. L’État, incapable de gérer l’ensemble des problématiques de sécurité, devra en tirer toutes les conclusions. Les maires appelés à se substituer, ne leur en déplaise, à un État défaillant devront voir leurs moyens, leurs attributions et leurs prérogatives reconsidérés et augmentés.

Car cette redistribution des rôles ne fait que commencer. L’attentat de Nice a mis en évidence des modalités de coopération policière conformes à la réalité somme toute pacifique qui prévalait jusque-là. Aujourd’hui, la donne a changé. Le temps n’est plus aux arguties politiciennes qui voient la province s’opposer à la capitale, mais à la recherche de solutions efficaces et pérennes qui verront de nouvelles modalités de collaboration s’établir entre des forces de sécurité qui ne peuvent plus s’ignorer. C’est ce que nous demandent les victimes tombées le soir du 14 juillet sur la promenade des Anglais.


En savoir plus sur http://www.bvoltaire.fr/olivierdamien/le-maire-premier-flic-de-france,273637#iXQw8QkKb3GFEkOu.99