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Source: Le Parisien

Le secret de cette innovation locale : de l’huile, tout simplement. Son concepteur Franck Mirabelli a par inadvertance fait tomber une LED dans un verre d’huile d’olive et s’est aperçu qu’il se dégageait une luminosité beaucoup plus intense. « À un moment où les collectivités sont financièrement étranglées, l’éclairage public représente un coût très important », estime le maire (LR) de Saint-Leu-la-Forêt, Sébastien Meurant. « Dans notre commune, nous payons environ 300 000 € par an. Nous espérons une économie de 50 à 70 %. »

Dans un premier temps, la ville, qui compte au total 2 200 points lumineux, se dote de 350 ampoules. « Les économies réalisées seront réinvesties pour équiper le reste de la ville petit à petit », annonce l’élu.

Si les ampoules ne nécessitent aucun changement particulier des candélabres (leur culot est adaptable), elles obligent au départ les communes à mettre la main au porte-monnaie. L’E40 est vendue au prix de Dans les mois qui viennent, une lumière différente devrait éclairer le quotidien des habitants de Saint-Leu-la-Forêt. La commune est la première d’Ile-de-France à signer un contrat avec la société Ledex. Cette entreprise, basée à Chambly (Oise), met sur le marché une ampoule révolutionnaire pour les collectivités territoriales.

Derrière son nom un peu barbare - « E40 LED Liquid » - cette ampoule donnerait une lumière « plus uniforme, moins orangée » et surtout consommerait deux fois moins d’énergie. 251,39 € l’unité, contre 30 € pour un modèle classique. Mais les économies d’énergie s’étaleront dans le temps.

La luminosité réglable à distance et une durée de vie de 14 ans

« Nos ampoules ont une durée de vie de 60 000 heures, soit 14 ans (NDLR : elle serait de 12 000 heures pour une ampoule à sodium habituelle) », assure Gilles Sudreau, directeur commercial chez Ledex. Du coup, le passage à la LED liquide fait aussi miroiter une baisse des frais d’entretien du réseau d’éclairage. Car le changement d’une ampoule, qui nécessite une nacelle et mobilise des agents, représente un coût indirect important.

« Les produits Ledex sont géolocalisés », se félicite aussi Sébastien Meurant. « On peut régler l’intensité des ampoules en fonction de l’heure et du passage dans les rues, juste en utilisant un smartphone. Nous gérerons plus finement la luminosité et nous serons tout de suite avertis lorsqu’il y aura un problème. » Finies les rondes nocturnes pour vérifier que tous les candélabres sont en état de fonctionnement, la technologie remplacera les agents.

Et le progrès ne s’arrête pas là. « Cette ampoule, c’est un petit ordinateur qui éclaire », résume Maximilien Mirabelli, fils du concepteur. « On peut aussi avoir des options de détection de température, pour savoir quelles rues saler. Ou bien aussi équiper les ampoules de caméras de vidéosurveillance, et même développer l’e-commerce. » Les passants pourraient ainsi recevoir des alertes sur leur téléphone, lorsqu’ils se trouvent à proximité d’un magasin qui organise une promotion.

Mais dans un premier temps, Saint-Leu-la-Forêt va se concentrer sur l’éclairage du clocher de son église, qui devrait être revu avant la fin de l’année. D’autres villes val-d’oisiennes, notamment Garges-lès-Gonesse et Luzarches, sont déjà intéressées par ces ampoules.