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Le précédent Secrétaire Départemental du FN du Val d'Oise, Alexandre Simonnot, était un organiste de grande qualité. Derrière le Mikael Sala du FN du Val-d’Oise se cache un musicien de rock, batteur émérite et manager de nombre d’artistes du siècle dernier. Décidément au FN, ils connaissent la musique...

Ce que c’est, quand même, que de nous autres et de ces idées préconçues qui nous pasteurisent le cervelet au lieu d’éventuellement le rafraîchir… Un petit exemple ? Celui-ci : Mikael Sala, président du collectif Croissance Bleu Marine, chargé de la défense des PME et PMI au sein du FN.

Il y a un peu plus de dix jours, il débat avec Nicolas Sarkozy surFrance 2, lors de « L’Émission politique », défendant son bout de gras en bon petit entrepreneur qu’il est ; bref, évoque ce qu’il connaît : la petite entreprise, la sienne, MS Phoenix, chargée de former de jeunes étudiants en BTS dans les métiers du commerce.

Mikael Sala vient plus de la France d’en bas que de celle d’en haut, puisque descendant de Français espagnols issus d’Algérie, et de vagues Suédois ; les restes de la dynastie se répartissant entre boulanger, professeur d’art dramatique, cadreur à l’ORTF et professeur de danse.

Aujourd’hui, interrogé par Le Journal du dimanche, il se présente de la sorte : « J’ai grandi dans une banlieue ravagée par le chômage. Moi, j’ai eu la chance, grâce à la République, de pouvoir intégrer une classe de mathématiques supérieures à Janson-de-Sailly. C’est cela que je veux rendre aujourd’hui auprès des jeunes. »

Mais comme, dans la vie, rien n’est jamais simple, derrière le Mikael Sala, secrétaire départemental FN du Val-d’Oise, se cache également un autre Mikael Sala, musicien de rock, batteur émérite et manager de nombre d’artistes ébouriffés du siècle dernier. Au premier rang d’iceux ? L’excellent duo de power pop Niagara, la très mamelue Ophélie Winter et le tout excellent Gérald de Palmas, du temps de son imparable tube « Sur la route ». À cet égard, prière de se reporter au remarquable album du Palmas en question, « La dernière année », pressé en 1994 : Mikael Sala y cosigne la presque moitié des titres. Alors, respect…

Du coup, les anciens copains de sa vie d’avant toussent en coulisses, mais sans parvenir à le condamner vraiment, puisque « ami très sympa »… Une fois encore, le poids des clichés, comme si les nationalistes français ne savaient jouer que du tromblon ou de la trompette de cavalerie, mordaient les enfants, arrachaient les ailes des mouches tout en refusant le bassin aux ancêtres, au moment de la petite commission.

Parmi les plus augustes de ses participations, celle qui le lia longtemps avec Stéphane Eicher, Suisse francophone… Dommage qu’on ne puisse l’entendre marteler ses fûts sur le sublime album live « Non ci badar, guarda e passa » (cru 1994), sur le magnifique break placé au milieu de l’hymne « Des hauts et des bas » (paroles de Philippe Djian), sur lequel vient se nicher la tout aussi sublime rengaine « Putain putain » d’Arno, Belge lui aussi francophone et très apprécié des lecteurs de Télérama

Petit extrait :

« Je ne suis pas une communiste. Je ne suis pas une cycliste. Je ne suis pas une catholique. Je ne suis pas une footbaliste. Allez allez circulez, avec ton cul de pédé. […] Putain, putain, c’est vachement bien : nous sommes quand même tous des Européens ! »

Soient des vers pas tout à fait en raccord avec l’actuelle vulgate politico-médiatique…

Voilà, voilà… Le dernier mot, en forme d’ultime rappel, revient évidemment au principal intéressé, par ailleurs adepte des arts martiaux : « Auprès de Marine Le Pen, j’ai trouvé une famille de femmes et d’hommes convaincus et dévoués à une cause qui illustre bien la phrase de Saint-Exupéry, la fraternité, le don commun à quelque chose de plus grand que soi. » Avoir été batteur de rock, un handicap ? : « Ça paraît être un grand écart, mais en fait, j’exerce depuis toujours le même métier, celui de donner un rythme et de servir de support et de soutien. Chez un batteur, il y a toujours une certaine abnégation… »

Au même moment, Enrico Macias déclarait au Figaro : « Si Marine Le Pen est élue, je pars pour la Suisse, la Corse ou Israël. » Pourquoi la Suisse et la Corse ? Sacré Enrico ! Et bonjour à toi, Mikael.

Source: Nicolas Gauthier, Boulevard Voltaire