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« Misérable, on t’offre des salles de shoot, des opérations pour changer de sexe, des mariages pour tous, du porno pour les moins de 12 ans, des avortements, des enfants achetés sur catalogues, et toi… toi, tu vas aux putes comme au Moyen Âge ? Qu’on saisisse cet homme ! »

Qui aurait cru qu’un jour, aller aux putes serait devenu un moyen de résister à la libération sexuelle ?...

La majorité socialiste vient de faire adopter une loi punissant les clients de prostituées. Certains y voient une lubie moralisatrice ridicule. Ridicule, certes, mais la morale n’y a rien à voir et, bien au contraire, la morale est ce que cette loi vise à détruire (encore).

L’ennui, avec la prostitution, est qu’elle circoncit la luxure aux lieux mal famés où ne se rendent que ceux qui savent pourquoi ils y dirigent leurs pas. Les quatre murs biens clos d’un bordel, la crasse et l’obscurité d’une rue perdue ou, bien au contraire, les lumières et le bruit grondant d’un quartier embaumant le vice, tels sont les îlots ou se retranche spontanément le plus vieux métier du monde.

Et cela, le socialiste ne peut pas le souffrir. Les adeptes du chaos qui nous gouvernent ont arrêté que le vice ne serait plus honteux, que le vice serait libre, que le vice serait partout, qu’il serait maître et qu’il serait vertu. Les prostituées doivent être les jeunes filles de bonne famille, voire très jeunes filles et jeunes garçons aussi à qui plus rien ne sera caché.« Maîtresse, c’est quoi, le sado-masochisme ? »« Tiens, ma puce, prends ce fascicule du rectorat, tout est expliqué dedans. »Les prostituées, on doit pouvoir les trouver dans les rues, les boîtes, les lycées, les bureaux, dans les familles même qu’aucun père ne dirige plus. Un peuple entier de femmes libres comme l’air, psalmodiant« mon corps m’appartient »pendant qu’elles vont, juchées sur leurs talons, étaler leurs appas sur les canapés d’une boîte. Le client doit être lui aussi partout, prêt à dégainer, mais attention ! Il faut qu’il tire à blanc : les distributeurs de préservatifs posés dans la rue lui permettront de se servir sans priver les suivants. Les films, les livres, les expositions, les sculptures-ballons gonflables en forme de plug anal doivent faire régner une esthétique entièrement façonnée par le sexe. Ainsi, on garde tout ce petit monde en train dans un seul et immense lupanar.

Mais voilà, la nature humaine se débat. Certains hommes restent désespérément timides, misanthropes ou pudiques, voire moraux, et rechignent à se conformer au jeu de la séductionfast food. Quitte à céder à des penchants qu’ils persistent à voir comme coupables, ils continuent de n’accorder à ceux-ci qu’une part infime de leur vie : une petite heure tout au plus par semaine ou par mois ou par an. Bonjour, tiens, merci, au revoir. Et puis certaines femmes ne jouent pas le jeu non plus et gardent le sens de leur valeur, de leur dignité et de leur salut. C’est très embêtant car d’une, ça fait des consommateurs en moins et deux, ça donne le mauvais exemple !« Déjà, ils cachent leur débauche mais le pire est qu’on pourrait les surprendre à la cacher et vouloir les imiter, et ainsi retourner aux heures les plus sombres de notre histoire ! »se disent-ils.

Alors, voilà, vlan ! Voici le KGB des braguettes qui débarque pour débusquer ces ennemis du peuple !« Comment, misérable, on t’offre des salles de shoot, des opérations pour changer de sexe, des mariages pour tous, du porno pour les moins de 12 ans, des avortements, des enfants achetés sur catalogues, et toi… toi, tu vas aux putes comme au Moyen Âge ? Qu’on saisisse cet homme ! »

Qui aurait cru qu’un jour, aller aux putes serait devenu un moyen de résister à la libération sexuelle ?

Charles Rouvier - Boulevard Voltaire