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Denis Sureau tire quelques enseignements de l'élection présidentielle :

"La droitisation de l'électorat catholique. Toutes les enquêtes réalisées confirment une tendance lourde : il y a bien un « vote catho » dans la mesure où la pratique religieuse est un élément déterminant du choix et s'accompagne globalement du vote à droite....

L'électorat catholique : de droite et mobilisé

Denis Sureau tire quelques enseignements de l'élection présidentielle :

"La droitisation de l'électorat catholique. Toutes les enquêtes réalisées confirment une tendance lourde : il y a bien un « vote catho » dans la mesure où la pratique religieuse est un élément déterminant du choix et s'accompagne globalement du vote à droite. Après le premier tour, un sondage Ifop/Famille chrétienne/Afsp indiquait que 45% des catholiques pratiquants auraient voté Nicolas Sarkozy (contre 27% pour l'ensemble des Français), 17% François Hollande (contre 28,6) et 13% François Bayrou (contre 6%). Au second tour, ils auraient voté à 79% pour Sarkozy (sondage Harris/La Vie) et pour 40% d'entre eux, les propositions du candidat socialiste sur l'euthanasie et le mariage homosexuel auraient fortement pesé dans la balance. [...]

La tentation du vote Front national. Si jusqu'à présent les catholiques pratiquants votaient moins Front national que les autres, la tendance s'atténue avec 15% de votes Marine Le Pen contre 18% pour l'ensemble des Français - or en 2007 l'écart était beaucoup grand : 5% de votes Jean-Marie Le Pen contre 15% pour l'ensemble des Français. Plus encore, la tendance s'inverse même les plus jeunes : 27% des catholiques pratiquants de moins de 35 ans auraient voté pour Marine Le Pen (sondage Ifop/Famille chrétienne/Afsp). [...]

Une forte mobilisation des catholiques militants contre François Hollande. Plus encore que lors des élections précédentes, de nombreuses composantes du catholicisme français se sont ouvertement déclaré en faveur d'un vote de rejet du candidat socialiste dont le programme contenait des propositions sociétales inacceptables. C'est notamment le cas des deux grands mouvements pour la vie (Alliance Vita, Laissez-les-vivre...), des Associations familiales catholiques ou de la mouvance conservatrice libérale (Fondation de service politique, Audace 2012...). Les voix discordantes (vote blanc, abstention, vote Hollande...) ont été inaudibles

Le retrait relatif de l'épiscopat. Les évêques français ont été tiraillés entre d'une part leur inquiétude face aux éléments éthiquement discutables du programme Hollande et d'autre part leur souci de ne pas intervenir directement dans le jeu politique. Quelques-uns ont cependant implicitement donné des consignes de vote (Mgr Maurice de Germiny, Mgr Marc Aillet...), ainsi que le P. Matthieu Rougé, « l'aumônier des parlementaires ». [...]

Le désarroi des chrétiens de gauche. Interrogé par le magazine La Vie, Jérôme Vignon, président des Semaines sociales, remarque : « Cela fait plusieurs années que nous constatons une différenciation politique entre un noyau des catholiques pratiquants et le message progressiste que portent les Semaines sociales. (…) aujourd'hui, on nous traite parfois en hurluberlus coupés des réalités. C'est dommage. » A son tour, François Soulage, président du Secours catholique (et membre du Parti socialiste, ancien conseiller municipal de Nanterre), interrogé par le même hebdomadaire sur le fort vote sarkozyste des catholiques pratiquants, déclare : «  79%, c'est beaucoup ! Cela veut dire, si l'on fait un calcul, que les catholiques qui ont voté Le Pen au premier tour ont voté Sarkozy au deuxième. [...] »"