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« Après le fort score de François Fillon au premier tour chez les catholiques pratiquants, la progression du vote FN au second tour confirmerait l’ancrage à droite d’une partie de cet électorat. », tel est le titre d’un article de la Croix du lundi 8 mai.

Bien que supposé voter à droite, on remarquera que cet électorat n’a pas hésité à suivre les consignes de vote données par F. Fillon le soir du premier tour. Je m’interroge encore sur ce prétendu ancrage à droite des catholiques, l’engagement médiatisé du curé de Saint-Merry contre M. Le Pen est en effet loin d’être un cas isolé dans l’Eglise de France. Le robinet d’eau tiède de nos évêques, des évêques dans leur grande majorité sans conviction, contribue certainement à orienter les fidèles dans le sens de la tolérance et de la sociale-démocratie ; il n’y qu’à voir l’enthousiasme de nos cathos pour l’accueil des réfugiés, la politique tiers-mondiste de la plupart des associations caritatives, en particulier l’option immigrationniste d’Emmaüs, tant au niveau des clients que de ceux qui travaillent dans les centres. Là aussi, c’est plus qu’une impression, les œuvres caritatives semblent se préoccuper davantage des réfugiés et des immigrés que des autochtones. 

Cela contribue sans doute encore à accentuer le ressentiment d’un certain nombre de Français qui s’estiment abandonnés par les élites, voire par l’Eglise, devenu un vaste bureau d’aide sociale, une permanence d’accueil et d’écoute assurée par des « vieilles » qu’on retrouve inévitablement tous les jours dans la sacristie et le dimanche s’agitant autant qu’elles le peuvent dans le chœur depuis la proclamation enthousiaste de la parole de Dieu, jusqu’ à la communion que le célébrant, débonnaire, leur laisse distribuer.

Et quel sommet lyrique que la prière universelle ! Quelle émotion que toutes ces voix chevrotantes, un bon résumé de ce à quoi se réduisent la plupart des paroisses en France. Le discours de tous ces gens-là, c’est le même depuis plus de cinquante ans, c’est Pacem in terris de Jean XXIII, Gaudium et Spes du bienheureux concile Vatican II, Populorum progressio de Paul VI, la foule d’encycliques sociales de Jean-Paul II et l’encyclique sur l’écologie de ce cher pape François.

Le social, on vous le dit, voilà ce à quoi se résume la formation de la plupart des fidèles depuis des décennies. Et du social au socialisme ou au social-libéralisme - nous voici revenus au robinet d’eau tiède, remarquez d’ailleurs le ton onctueux, quasi épiscopal de certains proches de Macron, dont Gérard Colomb, le maire de Lyon, il ferait presque moins vulgaire que le cardinal Barbarin - il n’y a qu’un pas. En tout cas, ce discours n’a pas réussi à remplir les église, encore moins à assurer le renouvellement des générations ; j’ai la très nette impression que la biologie fait son œuvre, tranquillement mais inexorablement. 

Les beaux quartiers,selon certains qui essaient de se rassurer, pourraient inverser la tendance ; sous un certain angle oui, mais électoralement, franchement, on peut faire mieux. Prenons le cas de Versailles dont tout le monde sait que ce n’est pas une ville de gauche : au premier tour, F. Fillon était arrivé en tête (43% des voix, plus de 20 000 voix), suivi par E. Macron (27% des voix, 13 000 voix), Marine Le Pen, celle dont le ton semble effrayer nos cathos bon chic-bon genre ne réunit sur son nom que 4670 voix, soit à peine 10% ; on aurait pu attendre un score plus élevé pour N. Dupont- Aignan, un candidat plus « clean », moins clivant, surtout qu’il est élu dans le département voisin de l’Essonne, il n’en est rien, il obtient à peine 3% des voix , devancé par Mélenchon et Hamon. La droite n’est certainement plus ce qu’elle était à Versailles, d’autant plus qu’au second tour, c’est Macron qui l’emporte avec 76% des voix et plus de 30 000 voix, M. Le Pen se contentant d’à peine 24% des voix en doublant son score du premier tour. Les voix des cathos Versaillais se sont donc reportées, disciplinées, vers ce drôle de paroissien que serait Macron s’il pratiquait.

« Les catholiques ont très majoritairement participé à l’élection du candidat d’En Marche ! Emmanuel Macron a obtenu 62 % chez les pratiquants et même 71 % chez les pratiquants réguliers, selon un sondage Ifop pour La Croix et Pèlerin. Si ce succès est net, l’enquête révèle tout de même une progression du vote Front national entre les deux tours, en pourcentage des voix.

En effet, les scores cumulés de Marine Le Pen et de Nicolas Dupont-Aignan au premier tour avaient atteint 19 % chez les catholiques pratiquants et 14 % chez les seuls pratiquants réguliers. Pour parvenir dimanche à des scores, respectivement, de 38 % et 29 % dans ces électorats, la candidate FN a logiquement bénéficié d’un report des électeurs de François Fillon au premier tour. »

Selon Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l’IFOP, la poussée frontiste aurait en fait été à l’œuvre chez les pratiquants « tout au long du quinquennat de François Hollande, d’abord avec les mobilisations de la Manif pour tous, puis sur le terrain du rapport à l’islam, avec les attentats et le sort des chrétiens d’Orient ».

Source baudelairec2000  sur le forum catholique