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Un grand nombre d’« économistes » présente le duel Marine-Macron sous l’angle suivant : nous aurions le choix entre sauter dans l’inconnu ou le chaos avec Marine, ou poursuivre le redressement enclenché par  Macron.

Il importe donc de se poser une question simple : Macron a-t-il une vraie compétence pour résoudre les difficultés considérables auxquelles est confrontée la France, tant sur le plan macro-économique que sur le plan micro-économique ?

Commençons par les compétences macro-économique du candidat, en rappelant  préalablement sa fonction de principal décideur économique du quinquennat Hollande, puisqu’il fut :

 - du 15 mai 2012 au 15 juillet 2014, Secrétaire général de l’Élysée, responsable du pôle « Économie et Finance »,     

- et du 26 août 2014 au 30 août 2016, ministre de l’Économie et des Finances.      

Concernant la direction économique générale de notre pays, les résultats obtenus par Macron s’apparentent à une Bérézina ou à un Waterloo, comme on voudra, puisque :

 

la dette publique a continué d’enfler de façon démesurée, en passant de 1800 milliards à 2200 milliards d’euros, traduisant la folie dépensière de l’Etat,

le nombre de chômeurs toutes catégories s’est considérablement accru, passant de 5 millions à 6,2 millions, révélant l’extrême précarité de l’emploi en France,

le déficit commercial est resté lourdement déficitaire, de près de 50 milliards d’euros en 2016, montrant que la maison France n’est plus compétitive,

la croissance est restée à un très bas niveau, de l’ordre de 1% par an, signifiant que la France ne produit pas suffisamment pour se développer normalement,

les caisses sociales restent très lourdement déficitaires : l’assistanat improductif grève de manière considérable les forces productives que sont les entreprises, seules créatrices de richesse.

Ainsi, sur le plan macro-économique, la messe est dite : Macron fut un piètre ministre, ne comprenant sans doute pas les rouages économiques fondamentaux, et se montrant donc incapable d’agir en profondeur pour redresser l’économie. 

Il est donc logique que son programme actuel soit totalement insuffisant pour redresser la barre, et que le candidat dise tout ou presque, et le contraire de tout ou presque. Un seul exemple : comment peut-il vouloir ouvrir les frontières à une immigration non contrôlée, quand n’importe quel étudiant de première année d’économie sait que cela se traduira mécaniquement par un chômage accru, une dette publique non maîtrisée et des caisses sociales en faillite ?

 Analysons maintenant quelques points de son programme micro-économique. Le candidat prévoit :

-       une baisse de l’impôt sur les sociétés, ramené en cinq ans de 33,3% à 25%, ce qui est un petit pas, mais pas de baisse de l’impôt pour les classes moyennes et les retraités, voyant globalement leurs impôts fortement augmenter, alors qu’ils sont déjà étranglés par les impôts actuels ;

-       un ISF élargi frappant les particuliers sur leur seul patrimoine immobilier, qui est le bien le plus précieux des classes moyennes, cet ISF ne touchant plus les détenteurs d’actions ou autres outils de placement, qui sont les amis financiers du candidat ;

-       des réductions de charges, des formations à grande échelle touchant deux millions de personnes, dixit Macron, mais payées comment puisque le déficit est partout …

-       un statu quo sur le système financier européen, piloté par une BCE qui inonde les marchés d’une bonne vraie monnaie de singe, au moyen d’une utilisation frénétique de la planche à billet : lorsque va sonner prochainement l’heure de vérité, et que la bulle financière va exploser, les placements des ménages seront très largement mis à contribution, n’en doutons pas ;

-       la libre circulation totale des marchandises, tuant de mois en mois nos derniers vestiges industriels, l’industrie ne représentant plus que 12% de notre PIB, contre 25% il y a 15 ans, et bientôt autour de 0% au train où vont les choses.

Le Medef signe ce programme, s’enthousiasme pour Macron, a trouvé son sauveur : c’est à se demander si ces chefs d’entreprise ont lu, une fois dans leur vie, un Que sais-je du genre : Comprendre toute l’économie en 50 pages.

Lorsque j’étais en doctorat d’économie, l’un de nos brillants professeurs martelait l’idée suivante : l’économie est une science inexacte, mais ô combien sérieuse. Le candidat, ses économistes et ses soutiens ont-ils vraiment conscience du sérieux de l’inexacte science économique ? Au vu des résultats économiques obtenus par Macron pendant cinq ans, la réponse est définitive : le candidat ne maîtrise en rien la science économique, et les Français paieront cher sa déficience, s’il est élu.

François Billot de Lochner,

président de la Fondation de Service politique,

de Liberté politique et de France Audace.