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Q. Michel Onfray valide lui-même la thèse du « grand remplacement », dans son caractère purement factuel, démographique… Vous ne croyez pas que, finalement, les prochaines élections sont peut-être les dernières pour lesquelles vous avez une chance de gagner ?

MMLP. Peut-être pas les dernières, il ne faut pas dramatiser à ce point là, mais il est certain que le temps joue contre nous, car nous sommes en train d’assister à la dissolution de la France,...

Face à ce grand phénomène mondial, particulièrement aigu au sein de l’Union européenne qui l’a mis en œuvre de façon zélée, nous avons un réflexe national très fort dont le Front National est la traduction. Et qui, à mon avis, même si je déteste cette expression, va dans le sens de l’Histoire. C’est ce qui me rassure sur notre capacité à gagner : nous sommes en phase avec une réaction profonde du peuple français. Mais la principale difficulté, c’est la démographie. Nous assistons, c’est un fait, à un remplacement d’une partie de la population française avec l’arrivée quasi anarchique d’une immigration de masse, et avec, en parallèle, une population immigrée qui a beaucoup d’enfants et un peuple historique – on va dire pour faire simple – qui en a beaucoup moins.

Mécaniquement cela engendre une concentration de population étrangère avec tous les effets délétères, communautarisme, insécurité, développement de l’islam radical.

Malheureusement, le Front National n’a pas de prise sur ces populations communautarisées, parce qu’il n’apporte pas de réponses à leurs souhaits communautaires – construction de mosquées, octroi d’un certain nombre de privilèges, acceptation de revendications politiques – et hors de question que le Front National s’amuse à cela comme le font aujourd’hui la droite et la gauche. Il nous faut arriver aux affaires rapidement pour pouvoir contrer ce phénomène.

Q. « Avec Marine Le Pen au pouvoir, ce sera le chaos »… Comment répondez-vous à cette crainte ?
 

MMLP. C’est une forme de fatalisme, une forme d’acceptation de l’échec et du renoncement et je trouve que c’est un mode de raisonnement extrêmement triste.

De la même manière que Trump, élu par le peuple contre les élites, subit une offensive de l’État profond, nous subirons cette même offensive, cela me paraît évident… même si il est assez connu que lorsqu’on arrive aux affaires, nombre des ennemis d’hier découvrent soudainement qu’ils nous ont toujours soutenu à l’insu de leur plein gré ! Beaucoup, donc, se retourneront au moment de la victoire, et puis nous mettons aussi en œuvre, au sein de notre projet, des mécanismes qui nous permettront de contourner ces obstacles, avec un retour important du référendum par trois grandes réformes :

L’obligation du recours au référendum pour toutes réformes constitutionnelles – nous ne pourrons plus dorénavant réformer la Constitution par voie de Congrès et éviterons ainsi le coup d’état démocratique de Nicolas Sarkozy avec le Traité de Lisbonne -, l’élargissement du champ d’application de l’article 11 du référendum qui est aujourd’hui assez restreint : nous voulons l’élargir à l’intégralité du domaine de la loi pour pouvoir consulter les Français sur tous les grands sujets de société. Nous voulons enfin mettre en place, et c’est probablement l’une des réformes les plus forte, le référendum d’initiative populaire : cela permettra à 500.000 citoyens de se réunir afin d’obliger à l’organisation d’un référendum sur un sujet particulier, et permettra de déverrouiller beaucoup de choses.

Alors il est vrai que nous aurons certainement des banlieues qui vont assez peu apprécier le fait que nous allions briser tout le marché noir, que nous allions remettre en cause les petites habitudes du trafic de drogue qui fait vivre en sous-main toute une partie de la population, que nous allions briser la loi des caïds, que nous allions couper les subventions à l’islam radical et que nous allions rendre la vie impossible aux salafistes.

Q. Cet embrasement fait peur notamment aux retraités qui se disent finalement il y a un statu quo

MMLP. J’entends bien mais quel en sera le prix d’ici quelques années ? Tout le monde ferme les yeux, se contente de l’achat de la paix sociale, mais la réalité, c’est que la France vit sur une poudrière et il suffit de la moindre petite étincelle pour que tout s’embrase… et dans quelques années, certainement dans des proportions beaucoup plus importantes. Je veux donc dire à ces personnes âgées : oui, il y aura fermeté, probablement avec des conséquences qui ne dureront pas très longtemps, mais il vaut mieux cela plutôt que de continuer à fermer les yeux et à faire payer à vos enfants, à vos petits-enfants voire vos arrières petits-enfants, un renoncement qui frôle la lâcheté et qui aura des conséquences dramatiques d’ici quelques décennies.

Q. Je pense aussi aux médias, on a vu que Donald Trump avait fait le choix de les écarter, vous comptez faire la même chose ?

MMLP. Cela fait partie des sujets qu’il faudra mettre sur la table : la subvention des médias, par exemple, puisque leur partialité tient probablement aussi au fait qu’un certain nombre d’entre eux, dont l’Humanité, subsistent exclusivement grâce aux impôts des Français.

Q. Vous supprimerez leurs subventions ?

MMLP. Il y a en tout cas un débat à avoir sur la répartition qui est en faite aujourd’hui, une répartition clairement militante dans des proportions absolument considérables pour des journaux qui ne vendent plus, que les Français n’achètent plus, et qui survivent exclusivement grâce à un certain nombre de contrats dans les mairies communistes ou via la SNCF et Air France.

Q. Parlons d’actualité, l’affaire Théo pour vous ce sont les prémices d’un soulèvement possible des banlieues ? Vous pensez que cela aurait pu être facilement jugulé dès le départ ? Quel est votre sentiment là-dessus ?

MMLP. Il y a plusieurs choses : déjà il faut savoir – et c’est le syndicat Alliance lui-même qui l’a révélé – il y a eu des consignes données, une fois de plus, aux forces de l’ordre de ne pas intervenir, de ne pas répondre aux provocations, de faire le minimum d’interpellations possibles, pour que cela ne s’embrase pas en cette période électorale. Parce que l’on sait pertinemment que cela pourrait ouvrir les yeux d’un certain nombre de Français, et les amener, peut-être, à cherche une réponse forte au Front National.

Il est évident qu’on a laissé la situation telle quelle pendant un certain nombre de jours.

Par ailleurs, ces casseurs ont été à moitié encouragés par une partie de la classe politique, notamment à gauche puisqu’ils ont passé leur temps, certes, à condamner les « incidents » comme ils disent – une façon sémantique de minimiser la chose -, mais d’autre part, à justifier ces agissements puisqu’on a encouragé, soutenu les manifestations contre les prétendues violences policières.

Il y a eu tellement de violences policières en France qu’on est obligé d’encore se référer à Malik Oussekine il y a trente ans… c’est vous dire ! On a justifié cela, une fois de plus, avec le même discours, les mêmes poncifs en disant « oui, mais c’est le chômage, c’est la mise à l’écart des banlieues, c’est le racisme », donc finalement, c’est pas bien, ils cassent mais d’une certaine manière, ils ont raison de casser puisque c’est la société qui est responsable de cet état de fait.

Au Front National nous avons dès le départ fermement condamné cette approche, repris aussi par une partie de la droite, en disant que non, la société n’a pas de responsabilités, ces gens sont des délinquants voire même des criminels qui se servent du prétexte de l’affaire Théo, sans rentrer dans le détail, pour mettre à feu et à sang des banlieues. Parce que je ne vois pas ce qui peut justifier dans l’affaire Théo le pillage de magasins, le fait de caillasser des bus ou de brûler la voiture du voisin. Il faut changer radicalement de raisonnement et accepter l’idée que c’est une réponse judiciaire et policière ferme face à ces casseurs qui sera la solution, et non pas arroser encore d’argent public comme nous le faisons avec les politiques de la ville depuis longtemps, avec les résultats que l’on connaît.

Q. Au cœur de l’actualité aussi, liée au reste, ce blogueur, Mehdi Mektat, du Bondy blog, vous avez été vous-même la cible de ce blogueur, un scandale qui a émergé grâce aux médias alternatifs !

MMLP. Exactement ! Une fois de plus, c’est parfaitement révélateur d l’indignation à géométrie variable dont font preuve une partie des journalistes bobos de gauche si prompts à dénoncer la haine et qui ont en leur sein – et protègent, et promeuvent – un certain nombre de personnes comme ce Mehdi qui s’est illustré pendant des mois, voire même des années, par des propos ignobles sur Facebook – jamais d’ailleurs à l’égard de l’islam, il faut bien le préciser – profondément misogynes, antisémites, racistes – toujours à l’égard des mêmes. Et manifestement, il continuait d’avoir les plateaux de télé ouverts puisqu’il a même eu le grand plaisir de pouvoir interviewer Mme Taubira, émerveillée d’ailleurs par l’œuvre de ce jeune homme… qui même dans ses livres, pourtant, tient des propos particulièrement outranciers.

La constatation c’est qu’aujourd’hui, quand on est journaliste d’origine immigrée en France et puis manifestement plutôt musulman, on a le droit de dire tout ce qu’on veut et on a le droit d’insulter l’intégralité des homosexuels, des juifs, ou même des blancs, alors que d’un blanc au Front National, on n’aurait jamais accepté le dixième – et fort heureusement d’ailleurs – de ce qu’a pu dire ce jeune-homme.

Q. On a beaucoup parlé de la visite au Liban de Marine Le Pen et du fait qu’elle ait refusé de porter le voile lors d’une visite dans une mosquée sunnite. Vous qui avez fait un discours féministe bien senti il y a quelques semaines, comment réagissez-vous ?

MMLP. C’est un symbole important. Les féministes ou en tout cas celles qui s’affichent comme telles à gauche sont les premières à défendre la marchandisation de la femme avec la gestation pour autrui et sa soumission à travers le voile. On voit bien que le voile aujourd’hui ce n’est pas simplement un apanage culturel que l’on retrouve dans certains pays, c’est véritablement en France une offensive de colonisation de l’espace public voulu et incité par l’islam politique et l’islam radical. C’est si vrai d’ailleurs qu’il y a des années de cela, les Français de confession musulmane et pratiquants en France n’avaient aucune difficulté à s’habiller à l’occidentale alors qu’aujourd’hui, dans certaines parties du territoire, dès douze ans, les jeunes filles sont invitées, pour ne pas dire contraintes à porter ce voile, voire le voile intégral. Ce refus de Marine Le Pen est important par les temps qui courent alors même que le flou de la pensée conduit certaines féministes à défendre le voile aujourd’hui comme une liberté de la femme, finalement de pouvoir, se soumettre… librement !

Q. Néanmoins vous connaissez l’adage « À Rome, vis comme les Romains »… ne peut-on pas lui reprocher de demander aux jeunes femmes musulmanes de ne pas porter le voile chez nous et de ne pas se plier à leurs propres mœurs chez elles ?

MMLP. Vous admettrez que le « fais comme les romains » en France, est assez peu respecté par un grand nombre de musulmans. Donc qu’ils n’exigent pas de nous ce qu’ils refusent de faire en France.

Et puis, le Liban est connu plutôt pour être un pays vraiment multiculturel à cet égard, il y a un respect des religions et notamment de la religion chrétienne, un pays où il n’y a pas, comme en Iran, par exemple, d’obligation pour toute la population de se voiler. Et puis statut diplomatique de Marine Le Pen, ce qu’elle peut représenter – ce qu’elle représentera, je l’espère, demain c’est-à-dire la France – peut justifier qu’elle bénéficie de cette dispense....