En 2017, les Français vont-ils reprendre leur destin en mains ?

Macron représente la nouvelle – dernière ? – étape de la déliquescence du système politique européen. Français grâce à une carte d’identité, il appartient surtout à la famille apatride des fossoyeurs de l’Occident. Sa tante se nomme Angela Merkel, sa grand-mère (morte dans un accident) se nommait Hillary Clinton et son grand frère Justin Trudeau. Tous ridicules cache-sexe dissimulant maladroitement la disparition du pouvoir politique face aux forces de l’argent.

Il y a, en revanche, un point sur lequel Macron est sincère : il n’est effectivement ni de gauche ni de droite. Et c’est en cela que sa présence dans la course à la présidentielle peut être analysée comme une évolution majeure du monde politique. Car, après avoir menti aux citoyens pendant de nombreuses années en leur laissant croire à une alternance entre deux courants de pensée, les vrais puissants ont fabriqué Macron, synthétisant par là même la prophétie du Front national. Les choses sont à présent évidentes : la différence entre la droite et la gauche est une chimère. La seule véritable priorité des gouvernants est de préparer un terrain favorable à l’épanouissement du capitalisme le plus aveugle.

Autre éclairage d’un même objet, on pourrait dire que Macron est tout à la fois de droite et de gauche. De droite, comme un ancien banquier d’affaires qui a fait gagner des millions d’euros à la banque Rothschild, et comme un candidat qui ne semble pas se poser trop de questions pour financer ses meetings. De gauche, car Macron va donner du travail aux ouvriers.

Alors, certes, c’est aux ouvriers chinois, indonésiens ou tunisiens qu’il veut donner du travail, en lançant un peu plus la France dans le monde merveilleux du commerce sans frontières. Mais qu’il faut être mesquin pour critiquer une telle générosité !

D’ailleurs, dans sa nouvelle façon de penser la gauche, Macron rejoint d’autres grands philanthropes de son espèce. Il y a quelques jours, sur France Info, face à un journaliste qui s’interrogeait de façon faussement polémique sur les éventuels inconvénients de la mondialisation, le patron de Total, ancien directeur de cabinet de François Fillon, soulignait tous les bienfaits que les nouvelles règles du commerce mondial avaient apportés à la classe ouvrière… chinoise. Lui aussi de gauche, comme Macron. Un homme qui s’engage pleinement pour la défense de la classe ouvrière. Dommage que ce ne soit pas celle de Béthune ou de Sarreguemines.

En fait, Macron, c’est l’adversaire chimiquement pur de Marine Le Pen. Le candidat de la France d’après. Celle qui s’écrira avec un « f » minuscule. Il est l’incarnation de tout ce que doivent craindre les hommes et les femmes qui croient encore en leur nation, leur identité et, surtout, en leur avenir au sein d’un pays qui leur ressemble. Le sinistre et redoutable guignol d’une mondialisation aussi juteuse pour une poignée de nantis hors-sol que mortifère pour les peuples occidentaux.

Ainsi, si les patriotes ne se mobilisent pas, après avoir avalé un dernier discours bien creux, communié dans la religion du néant des convictions, ceux qui écoutent sagement les consignes du Huffington Post porteront Macron à la présidence de la République. Enfin, dans une ambiance joyeusement crétine de kermesse électorale, où on chante « La Marseillaise » la main sur le cœur mais le sourire narquois aux lèvres, les Français seront tous « En marche ! » Définitivement. Vers le gouffre.