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A un an de l’échéance électorale qui verra les représentants français au Parlement européen remettre leurs mandats en jeu, la mesure des intentions de vote réalisée par l’Ifop pour Valeurs Actuelles dans la perspective du scrutin de mai 2014 livre un rapport de forces inédit entre les différents mouvements susceptibles de présenter une liste. Avec 21% des suffrages exprimés, le Front National (7% en 2009) serait au coude-à-coude avec le PS et l'UMP ; le Front de Gauche obtiendrait 9% des votes exprimés, devant Europe Ecologie Les Verts (7,5%), le MoDem (7%) et l’UDI (6,5%), tandis que les listes présentées par Debout La République et le Nouveau Parti Anticapitaliste ne recueilleraient que 2% des voix.

Selon un sondage Ifop pour Le Figaro en 2012, 64% des votes des Français pencheraient pour le « non », au Traité de Maasttricht (contre 49% en 1992).
Vingt-et-un ans après le référendum sur le traité de Maastricht et huit ans après le rejet de la « Constitution européenne » par 55% des électeurs français, les médias nous présentent comme une information d’importance la création d’un « Collectif parlementaire sur la refondation de l’Europe » par sept députés UMP dont la seule proposition concrète est… d’engager un débat !
 
En réalité, l'UMP est en train de procéder à une répartition des rôles en forme de râteau :

- à un bout, les dents du râteau “Barnier” ou “Lellouche” qui seront chargées de ratisser les électeurs ultra-européiste ;
- à l’autre bout, les dents du râteau “Myard” ou “Guaino” ou “Droite populaire” qui seront chargées de ratisser les électeurs eurosceptiques et qui joueront pour cela la scène du « Retenez-moi ou je fais un malheur ! » :
- et au centre les dents du râteau Copé, Fillon et autres « NKM » qui prendront la pose du rassembleur en appelant à la synthèse de la carpe et du lapin.

democratie.jpgQuand six électeurs sur dix n'ont pas voulu se déplacer pour aller voter, les commentaires des vainqueurs comme ceux des vaincus sont dérisoires. 60% d'abstention, c'est un record absolu. Quels que soient leur scores, tous les partis sont minoritaires. Un seul ne l'est pas : le seul parti majoritaire, c'est celui des abstentionnistes. Et, pourtant, avez-vous entendu beaucoup d'interviewés dimanche soir se livrer à une autocritique ? Si certains ont tout de même accepté de le faire, c'est du bout des lèvres, au ras des pâquerettes, jurant comme toujours que l'on ne les y reprendra plus et qu'ils feront mieux la prochaine fois. Pourtant, la désertion annoncée des électeurs n'aurait-elle pas voulu qu'on aille, enfin, au fond des choses.

Simone Veil, qui fut la première présidente du Parlement européen, annonçant et déplorant l'abstention massive des électeurs, s'en consolait par avance en concluant : « Ce que construit le Parlement, c'est la réalité durable de l'Europe. Elle existera de toute manière : la légitimité d'une instance ne se mesure pas au taux de participation d'un scrutin. » (JDD du 31/5/2009)

Mme Veil nous livre-là, avec une fausse naïveté, la clef du désintérêt croissant de nos concitoyens pour l'Europe. Que nous dit-elle en somme ? Que les électeurs peuvent voter ou non, cela ne changera rien,......

E Une étude à paraître portant sur les votes des groupes politiques au Parlement européen en 2008 fait apparaître que le groupe du PPE-DE, majoritaire, qui rassemble les partis de centre-droit en Europe (dont l’UMP pour la France) et le groupe PSE (socialistes) ont voté dans le même sens sur 97% des textes (rapports, résolutions) examinés par le Parlement européen. 

Sur 535 votes par appel nominal (votes électroniques, les seuls qui soient enregistrés et donc traçables) les groupes PPE et PSE n’ont voté différemment que dans 18 cas. Et sur ces 18 votes, ce n’était pas forcément pour s’opposer puisque l'un des deux groupes à choisi l'abstention 8 fois. C'est-à-dire que droite et gauche au Parlement européen ne se sont opposées que dans 10 cas sur 535. Sur ces dix textes, un seul était un texte de nature législative. La convergence des votes du PPE et du PSE exprimées en pourcentages est donc de 97%.

UMP et PS ne divergent en rien sur le plan européen : ils ont soutenu le traité constitutionnel rejeté par la France, ils ont voté le Traité de Lisbonne, ils ont soutenu et soutiennent toujours M. Barroso pour un nouveau mandat à la tête de la Commission.