Bienvenue

L’autre semaine, les socialistes, les sociaux démocrates et les Verts ont voté pour le libéral Jean-Claude Junker comme président de la Commission de Bruxelles tandis que les libéraux et les conservateurs se sont prononcés en faveur du social démocrate Martin Schultz pour présider le parlement européen. Vous en souvenez-vous ? Ces deux-là étaient des adversaires, il y a quelques semaines encore lors de la campagne pour les Européennes, leurs partis respectifs assurant que la face de l’Europe en serait modifiée suivant que l’on voterait pour l'un ou pour l’autre ! Rien n’est changé.

Il y a des lustres que socialistes et libéraux se font la courte-échelle pour cogérer les institutions européennes. Et, comme lors des sessions précédentes, un accord prévoit que, dans deux ans, Schultz cédera son fauteuil à un libéral. Ils sont in-terchangeables, vous dis-je...

Actuellement, les cogérants de l’Europe ne se disputent que les postes de commissaires européens puisqu’ils veulent tous la même Europe ; il n’y a pas de débat de politique, il n’y a que la lutte pour les places et leurs juteuses rémunérations.

 

Certes, ils se sont tout de même aperçus de la spectaculaire poussée des partis souverainistes et nationalistes qu’ils appellent « populistes. » Ce sont des empêcheurs d’ « européaniser » en rond. Ce que le ministre allemand des affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, exprime en ces termes : « Les partis populistes qui refusent d’avancer vers l’intégration européenne ont obtenu plus de mandats que jamais auparavant (...) La multitude des groupuscules en présence ne risque pas, en tout cas, de faciliter le travail de fond du Parlement, compte tenu de la résistance des extrémistes et des populistes. » (Le Monde du 9 juillet.) Il a raison ! Mais il oublie que ces « populistes » ont été élus pour cela : arrêter le fou processus de « l’intégration européenne » !

En conséquence, ces députés, en effet, entendent bien honorer la confiance de leurs électeurs et s’opposer à la majorité socialo-libérale. Evidemment, ça ne plaît pas en haut lieu ! Comment le populo ignare ose-t-il défier la nouvelle noblesse européenne qui sait mieux que lui ce qui est bon pour l’Europe ? Pour que, dans l’avenir, les nationaux ne puissent pas freiner le développement du grand dessein fédéraliste, le ministre propose « un seuil minimal pour entrer au Parlement européen. » Ce seuil étant, bien entendu, laissé à la discrétion des élus libéraux et socialistes qui décideront quel nombre d’opposants ils peuvent accepter, c’est-à-dire très peu...

En attendant de les exclure, ces pseudo-démocrates veulent mettre « au coin », comme de mauvais élèves de l’Europe, ces élus qui les défient ! Au point que Jean-Claude Junker a lancé à Marine Le Pen : « Merci de ne pas voter pour moi ! » Socialistes et libéraux se sont mis d’accord pour ne pas accepter la moindre de leurs propositions pas plus que leur accorder quelque responsabilité que ce soit, c’est-à-dire de les empêcher d’exercer le mandat qui leur a été confié démocratiquement. Leur hostilité vigilante et l’apartheid qu’ils instaurent les aveuglent au point de ne pas se rendre compte que c’est cette attitude-là qui pousse les électeurs à voter contre eux. L’Europe qui se bâtissait depuis le début sans les peuples veut maintenant s’édifier contre eux.

Les députés souverainistes et nationalistes sont accusés par le ministre allemand d’être « ouvertement opposés à la libre circulation et aux droits des minorités. » Mais qui s’oppose aux droits de la minorité au sein du Parlement européen ? On taxe ces dissidents d’ « extrémistes » et même de « racistes » pour justifier qu’ils soient traités comme des lépreux. Or, les extrémistes, ce sont bien ces Européens qui veulent conduire les nations à marche forcée vers le fédéralisme, tout en laissant les frontières de l’Union ouvertes à tous vents (voir ci-après).

Quant au « racisme », il faut et il suffit pour en être taxé d’être opposé aux « droits des minorités. » Ces « minorités », ce sont, tout à la fois, les étrangers européens (les Roms) et extra-européens mais aussi les minorités sexuelles. Et le ministre allemand d’annoncer : « Lutter contre la xénophobie, le racisme constituera la mission importante de la politique européenne dans les années à venir. » On avait cru comprendre que la « mission importante » c’était la lutte contre le chômage et pour la croissance en Europe ! On aurait dû prévenir les électeurs qu’il y avait encore plus important que ces soucis-là!

Extraits de « Le Bulletin des Amis de l 'Information Libre » Ass.1901 – 23, rue Paul Vaillant-Couturier, 94700 MAISONS-ALFORT – Tél & Fax : 01 49 777 333 E-mail :   Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.