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Au jeu des pourcentages pendant la campagne électorale, c'est le Front national qui indiscutablement a fait la course largement en tête. En 2011, il avait obtenu un seul conseiller général, la semaine prochaine à l'issue du second tour, il en aura plusieurs centaines ! Cela fera quel pourcentage de progression ? 500% ,1000% ? Qui dit mieux ? Ni le PS ni l'UMP en tout cas.

Simplement pour souligner que la façon dont on présente les évaluations ou dont on calcule les résultats dépend du point de vue auquel on se place. Ainsi ce dimanche, 22 mars à 20 heures, quand sont apparues les estimations des instituts de sondage, le Front national arrivait en troisième position, derrière l'UMP et le Parti socialiste. Les électeurs qui ensuite ont quitté leur récepteur ou ont « zappé », seront peut-être restés sur ce que certains commentateurs ont appelé « l'échec » de Marine Le Pen. Sans s'aviser, ni être avisés du fait que, pour obtenir ce score, le Front était seul tandis que la droite libérale rassemblait trois partis, l'UMP, l'UDI et MODEM, sans compter les « divers droites » ; de même, le PS avait des listes communes avec les radicaux de gauche, parfois les écologistes, et les « divers gauche ».

Si bien que le Front national, avec contre lui tous les media, devance le PS et même encore devant l'UMP seule.

En 2011, les commentateurs qui, cette année, parlent d'échec pour le FN évoquaient une « forte poussée du Front national » qui avait atteint 15% des suffrages. Aujourd'hui, avec 26% (tout seul) derrière les 30% de l’UMP, UDI, Modem, devant les 21% du PS et quelque... 1,4% des Verts, il est à plus de dix points au-dessus, et on parle de déconvenue, de pari raté, etc.

L'échec ? C'est celui des instituts de sondage qui, peinant à cerner l'électorat frontiste, « pondèrent », au doigt mouillé, les réponses brutes des sondés. Valls avait prévu d'être gagnant à tous les coups. Ses amis expliquaient: « Si le Front est très haut, il dira : je vous avais prévenus ! S'il est plus bas qu'annoncé, il dira: vous voyez c'est la campagne que j'ai faite contre lui qui explique son recul. » Mais pour l'UMP comme pour le PS, c'est maintenant que les difficultés commencent !

Il y aura plus de triangulaires que prévu, à cause d'une moindre abstention, ce qui n'empêchera pas des duels UMP-FN, et FN-PS. On verra alors les deux formations, prétendument adversaires, faire bloc contre le Front national, comme l'une et l'autre ont mené une campagne acharnée contre lui.

L'UMP aura toutes les peines du monde pour imposer non seulement à ses électeurs mais aussi à ses candidats le « ni ni », tout en subissant et se soumettant, comme toujours, au chantage de la gauche.

Mais cela ne sera rien par rapport au « troisième tour », à savoir l'élection du président du Conseil départemental (ex-conseil général.) Là, ce sera la lutte féroce pour les places, les prébendes et les privilèges ! Avec un PS légèrement plus haut que prévu, l'affaire, pour l'UMP, va se révéler moins facile qu'elle ne l'espérait. Elle n'aura que rarement la majorité à elle toute seule. Pour que ses candidats soient élus à la présidence, elle devra soit solliciter des élus du Front, soit bâtir une majorité départementale avec les conseillers socialistes. On verra si, dans le premier cas, Sarkozy exclura ses compagnons. Dans le second, les sarkozystes feront la démonstration que l'UMPS n'est pas un mythe mais une réalité.

Source: le bulletin des amis de l'information libre