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Source: Bulletin des amis de l'information libre:  Manuel Valls et François Hollande sont donc en campagne contre le Front national. A vrai dire il suffirait de dire « en campagne » puisqu'ils sont uniquement focalisés sur lui, mettant au deuxième plan l'UMP, montrant ainsi où se situe l'opposition qu'ils redoutent. De son côté l'UMP, également, a fait du Front national son adversaire prioritaire, ce qui revient, selon Sarkozy (voir ci-dessous) à faire campagne contre le PS, dont Marine serait le marchepied. Les Verts et le Front de gauche s'y sont mis aussi. Il serait finalement plus rapide de citer celles des formations qui n'ont pas les frontistes dans leur collimateur électoral ! Tout cela confirme que le FN est bien ancré au cœur de la vie politique française et que c'est par rapport à lui que les autres se déterminent.

Or, le président de la République et son premier ministre, en s'impliquant personnellement dans ce scrutin, commettent deux erreurs...

La première, c’est que les résultats du scrutin vont leur revenir à la figure tel un boomerang. Après être partis en croisade nationale contre le seul FN, ils ne pourront pas arguer qu'il ne s'agit que d'un scrutin local ne frappant pas leur politique. Ils révéleront, une fois de plus, l'impuissance des anathèmes et condamnations « morales » au nom des « valeurs de la République ». La seconde bévues, c’est qu'être en campagne les pousse à des excès de langage qui divisent les Français entre bons républicains et diaboliques électeurs du Front (cf. le Billet ci-contre) Mais cette « diabolisation » est vaine ; il y a belle lurette que les Français ne croient plus que le Front national soit un danger pour la République. Selon les sondages, il serait une nouvelle fois le premier parti de France même s'il ne peut espérer conquérir que deux ou trois départements. Ce serait déjà considérable pour lui qui est parti de rien. Et là où il ne pourrait être à la tête de l'exécutif départemental, le nombre de ses élus lui permettrait d'influencer la majorité en place. D'où la panique qui saisit les deux camps, l'UMP et le PS, à quelques jours du scrutin. Mais c'est évidemment chez les socialistes que la panique est la plus vive. Selon les experts du PS eux-mêmes, leur parti pourrait se retrouver, les 22 et 29 mars prochains, sans aucun conseiller élu dans plusieurs départements. Il pourrait en perdre 30 à 40 sur les 62 qu’il préside aujourd’hui. Les conseils départementaux sont désormais renouvelés d'un seul bloc tous les six ans et non, comme auparavant, par moitié tous les trois ans, ce qui permettait de compenser un éventuel mauvais cru trois ans plus tard. Ce qui aggravera encore la défaite annoncée.

D'où les défections dans les rangs socialistes, les volontaires pour le casse-pipe ne sont pas nombreux ; on doit les démarcher plusieurs fois avant qu'ils acceptent comme un condamné promis à l'échafaud. Dans certains départements, comme le Var, la Moselle, le Loir-et-Cher, les Hautes-Alpes ou le Loiret, les socialistes n’arrivent même pas à dénicher ces kamikazes, même en insistant lourdement. Cela correspond à l'hémorragie de militants qui désertent les sections. La base du PS est de plus en plus restreinte, et se situe plus à gauche dans ses orientations politiques que ne l’est la politique gouvernementale actuelle. Rappelons qu'en 2011, Manuel Valls n’avait rassemblé qu’un peu plus de 5% des sympathisants du PS et du PRG sur son nom. Il est aujourd’hui chef du gouvernement et son principal ministre, Emmanuel Macron, peut être décrit au mieux comme un « techno de gauche » ; cela ne fait sans doute pas rêver le militant de base et ne lui donne pas envie d’affronter la colère de ses concitoyens. L'agitation électoraliste de Valls vise donc autant à motiver ses troupes qu'à mobiliser les électeurs.