En 2017, les Français vont-ils reprendre leur destin en mains ?

Dépassés par un monde qui, non seulement ne répond plus à leur vision idéalisée, mais qui, de surcroît, échappe à leur mainmise, les médias traditionnels ont entrepris d’adapter leurs méthodes. À la reductio ad hitlerum, au déni de réalité et à l’ostracisation de ceux qui « pensent mal » – autant de stratégies éculées – sont venues s’ajouter de nouvelles techniques – parfois de très anciennes remises au goût du jour -, certes plus subtiles, mais qui ne trompent pas grand monde. Elles sont au moins au nombre de neuf.

1) Pensant être les garants de la vérité, les médias ont mis en place des outils de « vérification » de l’information qui présentent tous les atours de la méthode scientifique. Le fact checking a laissé place au « décodage » au nom d’impératifs idéologiques. Les « décodeurs » des différents journaux ont, pourtant, beaucoup de mal à avancer des chiffres ou des faits étayant leurs thèses et ciblent donc le plus souvent les médias qui les véhiculent. Sans surprise, dans le Décodex que vient de lancer Le Monde, un quotidien comme L’Humanité est qualifié de fiable et un journal en ligne comme Boulevard Voltaire est rangé dans la catégorie des médias peu crédibles.

2) Depuis le début des attentats terroristes en série en Europe, les journalistes nous ont invités à ne pas commettre d’amalgames. Pourtant, quand il s’agit d’un responsable politique de la « droite décomplexée » ou d’un éditorialiste commentant « hors les murs », le mantra est vite oublié.

À cette aune, toute personne qui pense mal ou de manière farfelue est amalgamée sous le concept faîtier de « fachosphère ». On ne saurait pourtant, quand on est de bonne foi, ranger Alain Finkielkraut et Dieudonné – des personnalités de la droite identitaire et des complotistes – sous une même coupole. Pis : les mêmes qui affirment que l’islamisme n’est pas l’islam ne s’embarrassent d’aucune précaution lorsqu’ils prétendent que « Le Pen et Daech, c’est la même chose ».

3) Les médias usent désormais de psychologisation quand ils dressent le portrait des responsables politiques et intellectuels « en rupture » avec le politiquement correct. Après l’élection de Donald Trump, certains journaux se sont demandé si le nouveau président des États-Unis était… fou. Quand Éric Zemmour s’est trouvé au cœur de la tempête, certains ont sous-entendu qu’il devait être « frustré sexuellement ». Quant à Marine Le Pen, ses relations difficiles avec le père ont été abondamment commentées.

4) Lorsqu’ils constatent que leur message ne passe plus, les médias relaient les opinions des sportifs, des acteurs, chanteurs et autres personnages du show-biz avec qui ils partagent une même aversion pour les frontières, un même amour du cosmopolitisme et une haine des populistes. Les Noah, Madonna, Scarlett Johansson et 99 % de leurs collègues, agissant par psittacisme, sont érigés en intellectuels capables, depuis les hôtels de luxe, jets privés et villas hyper protégées, d’établir ce qui est bon, ou non, pour le peuple.

5) En rupture avec le peuple qui observe une réalité en décalage avec celle qu’ils lui imposent, les médias, officiellement parce qu’ils ne peuvent supporter les « insultes » et « commentaires racistes », commencent à fermer l’accès aux commentaires sur leurs sites. C’est le cas, en Belgique, de Roularta qui, en raison du « caractère trop souvent virulent et irrespectueux des échanges », ne souhaite plus que les internautes puissent commenter les articles.