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"Certaines villes ont des vignes. Nous, on a la chance d’avoir l’eau qui a donné le nom de Claire Fontaine à la ville sous la Révolution", lance Sébastien Meurant, le maire (LR) de Saint-Leu-la-Forêt. Ce mercredi soir, à l’heure où la France du foot avait les yeux braqués vers Marseille et le match des Bleus contre l’Albanie, la municipalité avait convié ses habitants à une réunion publique pour évoquer l’avenir de l’eau de source de la ville. C’est en janvier dernier, lors de ses vœux, que l’élu avait annoncé qu’il souhaitait redonner vie à la source Méry et la recommercialiser.

 

L’histoire de l’eau à Saint-Leu débute en 1885, lorsqu’un entrepreneur nommé Auguste Méry décida d’exploiter l’une des multiples sources de la ville, près de la rue du Château. Le succès fut immédiat. L’eau minérale était mise en bouteille sur place et l’établissement, qui a employé jusqu’à 120 personnes, produisait près de 10 millions de bouteilles par an. La société d’Auguste Méry avait été fermée en 1973, après son rachat en 1959 par la société des eaux d’Evian.

Quarante-trois ans plus tard, Sébastien Meurant entend « valoriser une richesse de la commune ». L’an dernier, les services techniques ont ainsi décolmaté les sept puits, nettoyé les terrains et travaillé sur les conduits. Récemment, les premières analyses menées sur deux des sept puits ont fait apparaître « une eau peu minéralisée et faible en calcium et nitrates », selon un agent de Veolia Eau Ile-de-France.

Mais elle reste pour l’heure impropre à la consommation, en raison « de questionnements sur sa qualité bactériologique ». « L’eau de Saint-Leu est d’une qualité exceptionnelle sur un plan physico-chimique, elle a été primée à l’Exposition universelle de Paris en 1900, rappelle Sébastien Meurant. Les puits ne sont pas protégés. Des animaux viennent y déféquer, cela peut expliquer le phénomène bactériologique. »

Rendre l’eau potable sera donc la première étape de « ce long projet qui reste à affiner ». « Il va falloir investir pour protéger les puits », indique l’élu. Si produire des bouteilles à grande échelle comme par le passé est d’ores et déjà exclu pour des raisons financières, la ville et un collectif de citoyens planchent sur les différents emplois possibles de l’eau (lire ci-contre). Les premières idées commencent à germer.

De la fontaine à eau aux cosmétiques haut de gamme

Depuis plusieurs semaines, Alain Schott, un habitant de la ville, et six autres personnes planchent sur l’utilisation de l’eau de source de Saint-Leu si elle jaillit à nouveau. « On accepte toutes les bonnes volontés, explique celui qui est aussi l’ancien dirigeant-fondateur du journal « InfoMatin ». Le projet est sympa. L’eau est formidable en termes de symbolique. Il y a un sentiment de gâchis de ne pas l’exploiter. »

Trois projets tiennent pour l’heure la corde. Le premier consisterait à rendre une fontaine d’eau potable. « Le signe d’une ville où il fait bon vivre », glisse Alain Schott. Le second projet serait la production de bouteilles signées en quantité limitée. Enfin, la troisième proposition serait l’utilisation de cette eau pour la production de produits cosmétiques haut de gamme sous l’appellation « 1804 L’Impériale », en référence au passé Napoléonien d’une ville estampillée « Ville impériale » et qui espère en parallèle décrocher le label « Ville d’Art et d’Histoire ».