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L’Eglise en France est en campagne pour le denier de l’Eglise, ce que l’on appelait naguère le denier du culte mais peut-être que le changement d’appellation s’explique par le fait que l’Eglise fait appel aussi à ceux qui ne se rendent pas au culte… En France, évidemment, depuis la séparation de l’Eglise et de l’Etat, les frais du culte reposent entièrement sur les fidèles (sauf en Alsace-Lorraine bénéficiant toujours du régime du concordat.) Seul l’entretien des églises bâties avant 1905 reste à la charge des municipalités et celui des cathédrales à la charge de l’Etat.

Force est de constater que les communautés religieuses traditionnelles ou traditionalistes, restées fidèles à la foi, la morale et la liturgie catholiques, suscitent encore facilement la générosité des fidèles pour construire de nouvelles églises.

Dans les communautés diocésaines, on constate une grande disparité entre les diocèses, mais cela a toujours été le cas. Il est des zones notoirement déchristianisées depuis longtemps. Globalement, le nombre de donateurs diminue mais la participation de chacun augmente, de même que les dons et legs. Les fidèles ont donné 250 millions € en 2014 soit 1% de plus qu’en 2013 ; on n’a pas encore les chiffres définitifs pour 2015...

Dans les paroisses "conciliaires", les principaux donateurs ont plus de 60 ans. Mais cette génération-là s’éteindra et sa succession est problématique. L’Eglise fait campagne pour recruter les 30-50 ans, peu pratiquants et peu généreux, la génération de l’après-concile qui n’a pas été catéchisée ou très mal avec des parcours réducteurs, parfois plus humanitaires que religieux.

L’assistance à la messe – le « repas de Jésus » ! – leur était présentée comme facultative, tel prêtre disant à un enfant, devant nous : « C’est une fête d’obligation sauf si tu ne te sens pas obligé. »

Le casuel diminue, c’est-à-dire les offrandes faites à l’occasion des baptêmes, des mariages, des enterrements ou des messes pour les défunts. Or, les parents font de moins en moins baptiser leurs enfants et l'on se marie moins à l’Eglise. Et puis comme on ne parle plus, ou rarement, des fins dernières, notamment du purgatoire, à quoi bon faire dire des messes pour le repos de l’âme de nos défunts ? D’autant qu’on laisse croire que « nous irons tous au paradis ».

Pour ces raisons, on voit des diocèses vendre les biens immobiliers de l'Eglise, parfois de manière importante, comme ces dernières années. A contrario, on a vu des communautés catholiques traditionnelles racheter ici un bâtiment de l'Evêché (Poitiers), là un monastère (Hautes-Alpes), ailleurs une chapelle d'un séminaire diocésain (Amiens), ailleurs encore une chapelle de couvent (La Rochelle). Cette évolution n'ira qu'en s'accentuant, car les diocèses n'ont plus ni les prêtres ni les finances pour desservir les lieux de culte. Dans ce domaine, comme dans beaucoup d'autres domaines autres que religieux, la tradition a la cote...