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Renaud Camus: “En France, il y avait un peuple, maintenant il y en a deux”

Le Grand Remplacement

Le Grand Remplacement est un nom pour un phénomène historique, sans doute le plus important et le plus dramatique qui soit survenu à notre pays et à notre peuple au cours de leur histoire commune, c’est-à-dire le long d’une quinzaine de siècles au moins : le changement de peuple, justement, avec le changement de civilisation qu’il implique nécessairement. C’est la réalisation dans les faits de ce qui, chez Bertolt Brecht, était une boutade : "si le gouvernement n’est pas content du peuple, il n’a qu’à en élire un autre."

 

Qu’est-ce que le Grand Remplacement ? Eh bien le simple fait que sur un territoire donné il y avait un peuple, un simple peuple, bien malaxé par les siècles, bien uni par son sentiment d’appartenance, sa culture, son art de vivre et sa longue histoire partagée ; et qu’en une génération à peine sur le même territoire il y a deux peuples, si ce n’est d’avantage, qui se le partagent plus ou moins harmonieusement — plutôt moins que plus.

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On peut dire ainsi que dans la situation politique ou plutôt historique française contemporaine, et sans doute européenne, il y a quatre sortes de protagonistes :

– les remplacés récalcitrants, c’est-à-dire les indigènes qui ne tiennent pas du tout à faire l’objet d’une colonisation,

– les remplacés consentants, qui ne voient pas où est le problème, au propre et au figuré,

– les remplacistes, qui organisent ou qui laissent faire le changement de peuple, et qui sont encore le pouvoir, peu ou prou,

– et enfin les remplaçants, les nouveaux ou futurs maîtres, autrement appelés selon les sous-périodes chances pour la France ou sensibles (parce qu’ils habitent et animent les « quartiers sensibles »).

Il est à noter que beaucoup de remplaçants, surtout parmi les plus jeunes, assument tout à fait cette qualité et relèvent même avec orgueil, pour la confirmer fièrement, l’expression de Grand Remplacement. Oui, disent-ils, c’est bien ce qui se passe, et tant mieux. Mais autant ils s’affichent volontiers remplaçants, autant ils ne sont pas du tout remplacistes. Au contraire, ce sont de farouches identitaires: ils sont fiers de leur héritage ethnique et culturel, de leurs traditions, de leur religion, de leur vision du monde. Nos identitaires et eux s’affrontent, mais au moins ils se comprennent parfaitement. Ils se font de l’appartenance la même idée — qui d’ailleurs fut longtemps la seule à avoir cours, pour tout le monde.

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Ces univers construits sur le mensonge sont incroyablement fragiles, en effet. Ils peuvent s’effondrer en quelques mois, quelques semaines, parfois quelques jours. Un simple éclair de vérité sous leurs voûtes peut les faire s’abattre comme château de cartes. Il suffit que quelqu’un parle, et surtout soit entendu.